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Jayden Colbung

Adrenaline
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Messages : 5
Date d'inscription : 22/11/2017
Âge : 24 ans (22 novembre)




mister Nobody. (jaya)   
Mer 22 Nov - 20:02


Mister Nobody
Jaya


Il se perd. Il s’évade presque. Prisonnier en proie à sa liberté. L’a déjà acquise, en fait. La détient déjà, depuis des années. Une éternité. Tout qu’il a envoyé valser depuis bien longtemps. Et pourtant, il court encore. Comme si ce n’était pas suffisant. Comme si les barreaux, ils étaient constants. Boulet au pied, qu’il croit toujours accroché. Ou plutôt, il a peur qu’il ne s’y accroche s’il arrête. Incapable de faire du surplace, Jayden. Incapable de mettre le point final. Courir comme un fou. Comme un dingue. L’animal en cage qui saccage. Grogne pour sortir. Il court et il saute, Jayden. Dans le vide, de haut. Du haut de sa putain de tour, qu’il saute. À ne pas craindre le néant sous ses pieds. À ne pas craindre le noir, s’il tombe. S’en fout, se fout de tout, qu’il laisse paraître. À se laisser pousser des ailes, des heures durant. À se laisser planer. Shooté à l’adrénaline, la dose qui n’est jamais assez grande. Assez forte. L’aiguille presque toujours dans la veine et il en redemande encore, comme un drogué devant sa came. Il se pose pas. Même pas pour reprendre son souffle. Même pas pour regarder où il atterrie. Ça lui vient d’instinct. Comme un automatisme, une deuxième nature qu’il ne contrôle pas. À ne faire qu’un avec le décor. Et ouais, il s’y perd, se confond. À en perdre pied et prendre son pied. Ça lui fait un bien fou, ça lui vrille les neurones. Déconnecté de la réalité. Jusque-là. Jusqu’ici. Qu’à ce point. Ce même point, à chaque fois. Toit qu’il connait maintenant par coeur. Chemin qui mène toujours à ce point depuis des semaines. Un mois, peut-être. Aliéné, ce point qu’il revoit encore dans sa tête. Même quand il en est loin. Même quand il ne devrait pas. Et ce point, c’est pas vraiment là. Plus bas. Pièce aux parures dorées qu’il squatte. Ombre qui l’accueil, l’engouffre pour des heures. N’est pas à sa place, dans cet endroit. Défaut dans le paysage qui se cache, se fait oublier. Et il écoute, Jayden, se laisse bercer. Pluie symphonique pour laquelle il ne se met pas à l’abri. Les notes qui s’étiolent jusqu’à lui, alors qu’elles ne lui sont pas destinées. Arnaqueur qui n’a pas payé l’entrée. À ne pas bouger. Ne pas respirer. Tout qu’il retient pour ne rien manquer. Spectacle privé dont il ne se lasse pas. Pianiste qui fait naître la magie sous ses doigts. La fait vivre jusqu’à ce qu’elle éclate. Étincelles dans les airs. Brillent de lueurs nouvelles. Jusqu’à ce que la musique se meurt, qu’elle s’éteigne dans les derniers balbutiements. Que les échos qui se font encore entendre. Et la voir, comme à chaque fois, vivre les derniers instants. Belle inconnue qui se croit seule. Sur le point de quitter la scène. Ne sait pas qu’elle s’est donnée en spectacle. Ne sait pas qu’elle le fait à toutes les fois. Le regard qui ne la quitte pas. Attaché à sa personne quand elle est dans l’espace. Sans savoir pourquoi, sans comprendre pourquoi. Le rideau sur le point de tomber. Révérence qu’il ne verra pas. Déjà sur son départ, pour le bien de son anonymat. Et il bouge, obscurité qu’il veut quitter. Se promet déjà qu’il sera là au lendemain. Sourire qui nait à la lisière des lèvres. Se perd dans l’imagination de ce moment. Ne voit pas le siège, ne voit pas ce qu’il le frappe. Bruit sourd qui résonne dans la majestuosité des lieux. « Merde… » Qu’il soupire, mot qu’il aurait aimé inaudible. Et ne plus bouger, ne plus respirer. Laisser le temps filer et espérer sombrer.
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Ava Bartolotti

Fake perfection
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Date d'inscription : 22/11/2017




Re: mister Nobody. (jaya)   
Mer 22 Nov - 20:06


Mister Nobody
Jaya


C’est comme tous les jours, c’est comme toutes les nuits, qu’une routine habituelle qui s’effrite sous tes mains. La pression qui monte, s’accroît à chaque montée sur scène quand tes doigts frôlent les touches dans des comptines musicales. C’est comme toutes ces autres fois où les projecteurs étaient sur toi, aujourd’hui qui a un goût différent parce que les enjeux sont parsemés dans les esprits tourmentés. Répétitions avant l’arrivée de la ligne droite, ce ruban fracassé qui s’étire sur l’horizon au loin. L’une des dernières fois, l’une des meilleures fois avant le grand soir, avant que la prison dorée laisse place à la liberté. Et on t’attend, on te cherche jusque dans les méandres de la noirceur du fond de la scène, pianiste trop jeune sur qui les regards sont braqués. Toi, la seule pour déclencher les quelques frissons d’un concerto, l’orchestre à tes pieds, poupée trop frêle qui doit assumer. La dernière note qui indique la fin du jeu, partie qui s’étale depuis trop de semaines, enfin l’heure d’abattre ces cartes cornées d’usure. Les dernières dans ton jeu qui brûlent tes index, soulagement quand la partition n’a plus de notes. Alors la salle se vide, les musiciens qui rangent pour partir, toujours toi la dernière à t’en aller, trop occupée à prendre ton temps, l’adrénaline qui s’évapore dans les soupirs de soulagement. Piano majestueux à tes yeux, autrefois adulé, maintenant au bord de l’étouffement. Ce son qui n’est plus comme celui d’antan, mélodie fleurie qui ne laisse que du pourri. T’as trop tiré sur la corde, princesse qui ne peut abandonner, son caractère versatile qui, malgré les tempêtes veut toujours atteindre le même objectif. Triomphe d’une soirée, là où les éclats des robes ne resplendiront pas plus que ton talent, là où les saphirs ne rayeront pas les diamants. Le silence qui te berce après les symphonies, les doigts qui plongent dans tes cheveux trop fins pour rester en place. Respirer. L’air n’est plus toxique, claustrophobe entre tous les égos, les poumons qui redécouvrent la froideur et la beauté d’une salle dénudée de vie. Beauté froide, la plus belle peut-être, de celle qui fait frissonner, de celle qui fait te vibrer. En symbiose avec le mutisme, ces vacarmes aux teintes harmonieuses qui te laissent enfin du répit. Et t’es prête à t’en aller, seulement les partitions sur le point d’être rangées dans ton sac, la fermeture que tu tires avant de relever la tête. Figée, les opales qui fixent le point émetteur d’un son trop sourd. Pas seule que t’es. Accompagnée par les ombres, juron qui te parvient. « Il y a quelqu’un ? » Que tu balances, c’est comme une évidence, qu’une rhétorique pour la forme. Les sourcils qui se froncent que tu remets en place la bretelle de ton débardeur. Ava qui ne se démonte pas, les pieds qui se dirigent machinalement vers sa cible. Approcher jusqu’à entrevoir, les partitions entre ses doigts qu’elle tient. Papier presque brisé, toi qui t’arrêtes avant de franchir la ligne. Une ombre transformée, qui décèle quelqu’un, à analyser dans les moindres détails. Et si ton faciès était peint de questions, c’est maintenant tes traits qui se relâchent pour arquer un sourire au coin des lèvres. « J’ai toujours dit que les sièges étaient trop serrés mais personne m’écoute. » A croiser les bras sous ta poitrine, tes iris azurs qui transpercent en silence. « Vous êtes perdu? » Et peut-être que tu voudrais qu’il dise non, compagnie différente, peut-être plus appréciable que ces égoïstes égocentrés et méprisables.
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Jayden Colbung

Adrenaline
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Date d'inscription : 22/11/2017
Âge : 24 ans (22 novembre)




Re: mister Nobody. (jaya)   
Mer 22 Nov - 20:09


Mister Nobody
Jaya


Il cherche, Jayden. Il cherche la porte de sortie. Panneau lumineux sous forme de bénédiction. Il cherche ce qu’il trouve facilement, habituellement. Cherche à disparaitre, à se cacher six pieds sous terre. Couverture qu’il n’a plus. Le noir qui est devenu clair. Transparent. Le noir qui ne l’enveloppe plus, mais le pointe. Doigt posé sur lui, à crier sa présence à celle qu’il a trop souvent observé. Fascination bien gardée, terrer dans l’armoire des secrets. Un peu fou, Jayden. Aux allures de psychopathe. Et il le sait. Il sait que c’est bizarre, à la limite du malsain. Sans savoir quoi répondre. Sa voix qui lui est enfin destinée, non plus des conversations qu’il entend par mégarde. Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Mais bien sûr. Depuis trop longtemps. Toujours une personne en plus au compteur. Sa présence devenue régulière avec le temps. Et il cherche, il cherche encore. Quoi répondre, quoi dire. Les opales qui vrillent dans les orbites, à divaguer entre elle et la porte. Entre le ciel et le plancher. Entre néant et réalité. Il s’ancre enfin, le regard. Les iris sombres qui se collent à sa perfection. « Personne. Il y a personne. » Le sourire devenu automatique. Le ridicule de sa réponse qui le fait rire. « Enfin, de toute évidence, il y a quelqu’un. Moi, je suis là, mais… Ouais, non, faut faire comme s’il n’y avait personne. » Rictus qui ne quitte pas, les menottes qui font leur course pour se cacher dans les poches. Sanctuaire de sécurité et la sensation qu’il ne perd pas un peu plus le contrôle de la situation. Parce qu’il n’a pas le temps de filer, qu’elle est là, à quelque pas. La tourmente du questionnement qui ne l’habite plus. Juste un putain de sourire qu’elle lui offre et son bonheur qui l’inonde. « Faudrait peut-être que je porte plainte contre les sièges trop près, ça te donnerait raison. Je ne sais si mon pied s’en remettra un jour. » Il tutoie, les bonnes manière qu’il ne connait que trop peu. Il parle sans vraiment réfléchir. Les mots qui défilent, franchissent les lèvres sans prendre le temps d’assimiler. Et il la fixe, la détaille. Première fois qu’il la voit d’aussi près. À quitter le banc des spectateurs et lui aussi, monter sur scène. À déchiffrer l’émotion sur ses traits, lire les pensées dans ses opales claires. La grandeur du monde qu’il y décèle. Le regard qui se fait la malle, s’évade vers ses lèvres. Le sourire timide qu’il observe. Contagieux pour le sien. La question restée en suspens à laquelle il oublie de répondre. N’est pas perdu, Jayden. L’était peut-être autrefois, mais plus aujourd’hui. Présence née d’une volonté profonde, mais il ne peut pas le dire. Il ne peut pas l’exprimer à voix haute. Trop bizarre qu’il serait et il ne veut pas la faire fuir, pas maintenant qu’elle est là devant lui. « J’aimerais dire que je suis un grand fan de classique paumé qui se sauve le prix du billet, mais ouais… Je suis peut-être atterri par hasard. Et la musique m’a gardé ici. » Il ment, il raconte sa première fois dans la salle. Il fait abstraction des dizaines d’autres après. « Ou pas, mais ça, y’a que moi qui le sais. » Trop honnête pour tisser les mensonges aussi finement. Toile qu’il ne termine pas. Vérité qu’il ne dit qu’à moitié. « Tu joues vraiment bien. Je pensais pas que tout ça existait, que ça se jouait encore de cette façon-là. C’est plutôt impressionnant à voir et à entendre. Toi, surtout. Le piano est… Tu te démarques. Tu joues depuis longtemps ? » À se perdre dans les dédales de ses paroles. La conversation qu’il lance, incapable de partir sans se retourner.
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Ava Bartolotti

Fake perfection
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Re: mister Nobody. (jaya)   
Mer 22 Nov - 20:11


Mister Nobody
Jaya


Il y a personne que t’entends. Il y a personne que tu devrais croire, rictus à ton visage qui s’immisce pendant que tu montes les marches. Inconnu à l’humour maladroit, encore un peu plus intriguée que d’antan, les secondes qui nourrissent ce désir de vouloir savoir, mettre lumière la où la noirceur règne. Là, au fond de cette pièce que tu connais par coeur, le fond que tu ne viens jamais explorer, nouvelle conquête quand le bruit s’invite. A t’arrêter devant lui, sa réponse qui ne fait que rentrer dans ton jeu. Et ça te fait frissonner, tutoiement imprévisible qui brise tes codes. Princesse trop habituée au vouvoiement, à cette distance aux allures glaciales toujours de mise dans cet orchestre. Les coeurs refroidis, qui ne se réchauffent que lorsque la musique se fait entendre. Et quand tout termine, quand la note finale éclate, les âmes lumineuses perdent de clarté, soleil noir qui éclipse. Mais la princesse aimerait qu’on la tutoie, aimerait retourner en enfance et non pas dans les cérémonies pompeuses, grasses de bonnes manières façonnées d’hypocrisie. Les opales qui tombent à ses pieds avant de les relever vers lui, malice dans les iris alors que tu passes une main dans ton cou. « Je pense que ça devrait aller, ton pied va s’en remettre. » Tu souris, à le tutoyer à ton tour, ces codes que t’envoies valser sans aucune pudeur. Tu le détailles, l’ombre n’est plus que lumière, de ses traits à ses membres. Il n’est plus un point d’interrogation, juste là, devant toi, fraicheur d’une jeunesse fougueuse. Loin de tout ça, loin des décors faits et surfaits d’or et d’argent, loin du monde calculateur et centré sur lui-même. Beauté frappante, ses mots qui arrivent jusqu’à toi, à mettre trop de temps à les comprendre. Bloquée, bloquée sur sa façon d’être et ce brio à être si attractif, la conversation qu’il lance et que tu ne peux esquiver. L’envie qui n’est pas, toi qui pourrais continuer encore longtemps à lui parler. Nouveauté d’un jour, pas celle pour te déplaire, aux antipodes mêmes de ce que tu ressens actuellement. Tu rigoles, comme une môme pendant son suspens ironique. « C’est un drôle d’endroit pour atterrir par hasard, t’aurais quand même pu trouver un truc plus cool que des gens qui jouent des musiques qui datent de.. beaucoup trop longtemps. » Intriguée, à garder pour toi la question qui te brûle les lèvres, le pourquoi qui te ronge mais que tu réprimes. Ava trop droite, trop avare de questions. Sourire instantané, chaleur à tes joues qui ne te ressemble pas. Souvenirs d’un gosse mise derrière un piano, ton père derrière qui t’apprends les partitions. Surdouée musicalement, contre toutes les attentes. « Bah. Comme partout on aime les vieux trucs tu vois, conservateurs au possible. Depuis que je peux être derrière un piano je le suis alors, oui, je joue depuis vraaaaiment longtemps. » Les opales qui naviguent, viennent finalement se fixer à lui. « Merci, c’est gentil. » Intimidée, des mots que t’entends souvent qui n’ont pas la même valeur aujourd’hui. Nostalgique d’avant, silence qui dure avant que tu le brises. « Allez, si t’es resté tout le long autant visiter non ? J’aimerais pas que tu repartes et que ton seul souvenir d’ici ce soit ton pied qui frappe un siège et le fond de la salle dans le noir. » Ton corps qui se retourne pour descendre les marches, retourner à la scène illuminée. Monter sur le piano, debout à surplomber le monde. « Ca, c’est mon coin à moi. Si un jour tu reviens, tu me verras toujours ici, j’aurai pas changé de place ! »
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Jayden Colbung

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Re: mister Nobody. (jaya)   
Mer 22 Nov - 20:13


Mister Nobody
Jaya


Presque insensé. Le moment qu’il ne s’était même pas laissé le droit d’imaginer. Improbable qu’elle lui parle. Impensable de l’entendre rire. Rire à cause de lui. Créateur des sons cristallins, créateur des étincelles dans son regard. Auteur des dialogues légers, inimaginés. À se faire surprendre par le naturel. Une vieille connaissance qu’il retrouve après des années d’absence. Aux allures des souvenirs d’enfance et la sensation de l’avoir toujours connu. Peut-être que les nombreuses visites en sont la cause. Peut-être qu’à trop l’observer, toiser son quotidien, il lui a fait une place dans sa vie. La fille du piano. La fille de l’orchestre. Nom qu’il ne peut encore apposé près d’elle parce qu’il n’est pas supposé savoir. Ne fait que garder l’Information en mémoire. Il est l’inconnu. Celui qui sort de nulle part. L’élément perturbateur. Il est celui qui s’immisce, qui vole la place d’un autre. Sans s’en soucier, sans s’en préoccuper. Alors, il s’avance. Il la suit quand elle s’échappe. Ne lui laisse aucun espace, à suivre ses traces. Bouge sans toutefois monter sur scène. À n’être que simple spectateur de son art. Les opales qui suivent chacun de ses mouvements, ne divaguent à peine sur l’instrument. À encore entendre les notes qu’elle fait dans sa tête. Mélodies envoûtantes qui le figent sur place. Le ramène à chaque fois. Des heures à n’écouter qu’elle, comme s’ils n’étaient que les deux seuls dans la pièce. « Ah, parce que j’aurai le droit de revenir ? » Permission dont il ne s’est jamais occupé. Il joue le jeu, comédie devenue réalité entre ses lèvres. Il grimpe enfin, la rejoint à ses côtés. Ses doigts qu’il laisse frôler les touches. Certaines qu’il joue. Sans grâce, sans magie. Que des notes éparses, sans harmonie. « Non, parce que je voudrais pas recevoir des coups d’archet de tes potes aux contre-basses, ils sont plutôt violents du poignet. » Le rire qui fuse, s’entrechoque avec la musique qu’il tente de jouer. Le regard qui quitte la lignée noire et blanche pour se confronter à l’azur de ses iris. « Quoique votre chef d’orchestre semble pire. » Les gestes du dit chef qu’il imite dans mimiques exagérées. Jayden qui en vient à bout de souffle, à bout de mot devant elle. N’a jamais été très bavard mais c’est un eu plus flagrant devant Ava. Il remet les mains dans les poches, à se balancer sur ses pieds comme le gamin qu’il est. Gamin qui découvre enfin la vraie beauté. Les détails qu’il peut enfin admirer, à ne plus être loin, le noir pour obscurcir sa vue. « Et les coulisses ? J’ai aussi droit à voir ce qu’il se passe dans les coulisses ? C’est un bordel ou c’est aussi majestueux que les devants de scène ? Je suis curieux de voir à quoi ressemble le champ de guerre de musiciens un peu pompeux. » Le dernier qualitatif qui se ne veut pas méchant. Nargue, mais nargue en douceur. Donne le ton à l’aisance de ses paroles. À s’approcher d’elle, la distance qu’il envoie valser. Oser, sans réfléchir. Un peu trop impulsif, Jayden. À se laisser bercer dans la découverte. S’avance jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une dizaine de centimètres. Le sourire mutin qui se dessine sur le coin des lèvres. « Je te laisse être ma guide. Montre-moi tout ce qu’on ne voit pas de la salle, question de rentabiliser cette chute du hasard. » À reculer enfin, les pas qui le mène vers le côté de la scène. Sans franchir les limites, sans oser si elle n’était pas devant. Et le sourire, il est grand. Et le bonheur, il est facile. La suite qui n’attend que d’être écrite.
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Ava Bartolotti

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Re: mister Nobody. (jaya)   
Mer 22 Nov - 20:17


Mister Nobody
Jaya


Prise de fougue, de cette folie nouvelle à rencontrer autrui. Quelqu’un, qu’un inconnu parmi tant d’autre et pourtant l’étincelle attirante du regard noiraud. Curieuse que t’en deviens, fascinée machinalement par sa manière d’être, cette décontraction flagrante qui te tire instinctivement ce rictus au coin des lèvres. Rentrer dans ce jeu enfantin, gamine émancipée qui retourne en enfance, à faire découvrir pourquoi elle est ici. Cette passion oubliée, dans les méandres d’un dégout environnant qui s’immisce dans ton coeur, cette folie musicale qui t’anime comme un pantin, comme un robot huilé. On tire tes ficelle, assise là à ton piano, les notes aux semblants cacophoniques qui ne savent plus te transporter ailleurs. Rituel désenchantant, désenchanté après tant d’années et cette pression trop lourde qu’on balance sur tes épaules. 21 ans de caprices des adultes, 21 ans à gâcher égoïstement les soupçons d’un talent inespéré. Pianiste qu’on maltraite, les coups de fouets que tu ressens quand il mime ton chef d’orchestre. Bourreau doué qui mène la danse des instruments, foutu connard aigri aux talents incontestables. Amusée de le voir jouer au hasard, aveugle qui plante les touches pour en sortir un son aventureux à la recherche d’harmonie. Le fixer, détailler sans pudeur chacun de ses gestes, à ne pas bouger d’un centimètre quand il commence à s’approcher. « Les coulisses sont.. basiques ? Presque simplistes c’est dire. » Rire un peu avant de s’arrêter, la distance qui s’effrite, qui t’intimide presque. Lui trop près et toi qui n’as pas peur, seulement intriguée de son audace. A ne pas savoir qui c’est, sinistre inconnu qui pourrait te foutre en l’air s’il en avait l’occasion. Descendre du piano et le suivre, les mains qui s’installent dans les poches arrières de ton jean trop serré. « Déjà mets-toi face au public. » Introduire le mouvement, les lumières aveuglantes sur vous et les sièges assombries. « Imagine que là, la salle est remplie et que tous les regards sont braqués sur toi. » Le souffle coupé à y penser, adrénaline qui pulse à chaque représentation importante. Laisser le silence s’inviter, les pas qui se dirigent hors de la scène pour l’emmener ailleurs. « Et une fois que t’as imaginé ça, tu peux venir voir ce qu’il se passe dans les coulisses des musiciens pompeux. Mais je préviens, tu vas être déçu. » Rictus cajoleur, le chemin tracé par tes pieds dans un rythme régulier. Le laisser derrière toi, véritable guide improvisée qui montre chacune des pièces, labyrinthe devenu ta maison, derrière le rideau que tu connais par coeur. « Bienvenue là où on accorde tous les instruments, où on fait tous les exercices pour s’échauffer, où on s’habille parce que bien sûr il faut mettre des robes trop serrées aussi confortables que les corsets du Moyen-Âge. » Ironique, sarcasme habituel qui réside dans tes mots claquants. Et tu vas dans une loge au hasard, à t’assoir sur un siège posé au milieu de la pièce. « Alors comme ça t’as atterri par hasard ici ? Tu faisais quoi pour te retrouver ici, c’est pas courant. » Vouloir savoir, demander et apprendre, pas vraiment certaine de comprendre comme c’était possible. Ava qui pose, s’impose comme elle est arrivée. Et tu repères derrière lui une photo, à s’approcher dangereusement pour aller la récupérer, ton corps trop proche du sien avant de t’écarter. Le papier que tu montres, l’air malicieux, gosse qui se souvient d’antan. « Ca c’est une violoniste et moi, tu vois le genre de trucs qu’il faut porter. Quand je dis qu’on évolue pas ici. » Et rire avec contrôle, sans t’arrêter pour autant, bouffée d’oxygène quand tu crèves d’asphyxie.
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